La crise économique est une crise de foi

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Une crise systémique

La crise terrible qui secoue la planète ne se limite pas à une crise financière ni même à une très grave crise économique. Il s’agit bel et bien d’une crise systémique. C’est le fonctionnement même de notre monde que cette crise interroge. L’homme est devenu un animal démesuré et cette démesure commande tout : l’avidité (de savoir, de profit, d’achat, de rencontres, etc.) Quel est le fondement de notre société ? Pourquoi et à quoi travaillons-nous ? Quel est le but de toute société ? Nous sommes au coeur d’une bonne vieille crise de « foi » !

Fleur du pavé

Sous les pavés, la nature !

Le capitalisme a gagné la partie. A moins qu’il ne l’aie perdu finalement.

Le maximum de profit a été réalisé, les actionnaires ont battu tous les records de gains. La logique capitaliste est parvenue à son paroxysme. Les ressources fossiles sont en voie d’épuisement, les ouvriers perdent leurs boulots, leurs maison, et le climat est déréglé, occasionnant des catastrophes au quatre coins de la planète : sécheresses, innondations, feux de forêts, cyclones, fonte des glaces. Mais les dirigeants politiques, nombre d’économistes et de chefs d’entreprises continuent à ne jurer que par la croissance. A quel moment vont-ils remettre en cause le système ?

Le capitalisme est-il une forme de cancer ?

Dans une excellente interview pour le site médecines-douces.tv, Le Pr. Thierry Janssen nous donne une clé pour mieux comprendre cette crise et son ampleur. S’exprimant sur l’attitude des pouvoirs publiques concernant la santé et la cancer en particulier, Janssen pose un regard critique et lucide sur le fonctionnement du monde moderne. Coupé de la réalité du monde, obnubilé par le profit le désir de puissance, l’homme se perçoit comme étranger au monde, animal supérieur et tout puissant. Immortel. Un Dieu aveugle et arrogant. N’est-ce pas là une parfaite définition de la cellule cancéreuse qui refuse de mourir, se croyant immortelle ?

Mais revenons au cancer, car la manière dont nos sociétés apréhendent cette maladie est éclairant. Nous engageons des milliards pour lutter contre les symptômes et les effets de la maladie. La recherche, la chirurgie, le dépistage précoce progressent. Cela permet évidemment de mieux lutter contre les ravages de la maladie. Des campagnes publicitaires culpabilisantes incitent la population à baisser sa consommation d’alcool, de tabac, à manger moins gras, moins sucré moins salé. Mais dans le même temps, l’Etat ne fait strictement rien pour que ces maladies n’apparaissent pas. Pire, l’Etat touche des taxes provenant de la vente de tabac, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaires touchent des subventions de l’Etat et de l’Europe, des millions d’emplois sont liés à la distribution d’alcool ou d’aliments raffinés dangereux pour la santé. L’industrie pharmaceutique génère des milliards de bénéfices et l’Etat touche sa quote part.

Nous luttons contre les symptômes et les effets de la maladie, mais jamais contre la cause profonde de ce déordre systémique (d’où vient le stress, la pollution, quel rôle tient l’alimentation ?) ! N’est-ce pas la dérive capitaliste qui nous rend malade ? Le profit, la croissance à tout prix, pourquoi faire ? Les Etats s’évertuent à lutter contre la maladie tout en la favorisant d’une certaine manière.

Pourtant nous n’échapperons pas à une vraie remise en question de nos modes de vie. Cette crise économique-politique-sociale-écologique, comme la maladie pour le malade, est l’occasion de remettre en cause un fonctionnement, c’est une invitation au changement en forme d’ultimatum. Ne pas tenir compte du message, c’est s’exposer à voir la nature nous éjecter.

Lhomme, espèce en voie de disparition ?

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